Tricot et couleurs

Ou un dimanche à la mer

 

“Peu à peu le vent faiblit, le ciel se dégage, la mer se calme et la digue ouvre à nouveau ses portes. On peut s’avancer sereinement. A l’approche du virage, le pas devient hésitant, quelques rares vagues rompent la trêve quand une sourde déflagration précède une averse salée. Passera ? Passera pas ? On tergiverse alors que les plus téméraires foncent déjà. Et puis qu’importe! Même pas peur ! Alors on s’élance et pour un peu, on se prendrait presque au jeu ; comme un défi qu’on se serait lancé : ” Cap ou pas Cap ? Une course folle sous les embruns ou devant un ras de marée, une pêche miraculeuse, un trésor oublié sous les blocs et on se laisse volontiers glisser dans le monde de l’imaginaire. A chacun son école buissonnière loin des pupitres et des encriers, on s’émerveille de tout et on redécouvre ces petits riens car quelque part, une promenade sur la digue c’est aussi un retour en enfance.”

 

Voyage au bout de la digue, Nicodigue.fr (Digue de tarnos)

 

 

Un dimanche au bord de l’océan, pour moi, ressemble rarement à un dimanche à la mer comme on l’imagine. C’est souvent quand la météo est torturée et le ciel menaçant que je me dirige vers la côte Atlantique…

 

Sérénité et course sous la pluie

Les jours de grisaille et de pluie sont, de mon point de vue, des jours parfaits pour se rendre à la plage. Envahie par le monde à la belle saison, elle est alors désertée. Çà et là, on peut croiser quelques rares promeneurs tout encapuchonnés, luttant contre les bourrasques de vent. Bien souvent, un ou plusieurs chiens sont alors à leur côté.

Parfois un enfant joue, court après son ballon. Emmitouflé, les joues rosies, mais heureux; la plage lui appartient, au moins le temps d’un jeu.

Ces jours-là, c’est le calme et la sérénité qui envahissent les plages. L’air iodé est vivifiant. On respire profondément, on ferme les yeux. Le roulis des vagues produit alors un boucan des plus apaisants. Calme irrégulier, douceur désordonnée, le bord de mer est alors propice à l’évasion et la rêverie. Il nous plonge hors du temps; et c’est tantôt les fracas sur les rochers, tantôt la pluie qui nous ramène à l’instant présent.

Promeneuse encapuchonnée, moi aussi, me voilà courant sous la pluie, fuyant les gouttes d’eau. Mais il est trop tard, l’eau ruisselle déjà le long de mes bras, au bout de mon nez; me voilà dégoulinante, mais l’averse est passée. On rit alors d’avoir, comme des enfants, couru sous la pluie.

 

En bleu et gris

Les jours de grisaille et de pluie, le bord de mer se pare de couleurs douces et délicates.

Tandis que des aquarelles de bleus colorent délicatement l’océan, les gris se nuancent, du gris doux et laiteux, aux reflets argentés des plus scintillants. Ondulations miroitantes, écumes moussantes fascinent, envoûtent le regard.

Mais le ciel torturé s’ouvre soudain. Petits interstices, brèches de lumière, le soleil perce alors de ses rayons chauds; pieds de vent magnifiques, presque angéliques. Des flaques dorées se déposent alors délicatement à la surface de l’océan devenu étrangement calme, étrangement lisse.

Le silence s’impose. Les couleurs éclatent.

C’est un beau dimanche.

 

Nogat et paillettes de verre

C’est un peu un dimanche à la mer que m’évoque mon pull Nogat, avec ses couleurs et sa dentelle.

Nogat, c’est un patron de Justyna Lorkowska très populaire. Son grand panneau de dentelle sur le devant, son raglan ou encore son encolure arrondie ont de quoi convaincre. Dans un style plutôt simple, égayé par sa jolie dentelle, ce modèle regorge pourtant de détails techniques: raglan, dentelle, rangs raccourcis… Sans pour autant être complexe en terme de réalisation, il mérite quand même un peu d’attention, et je ne le commanderais pas aux grandes débutantes.

Sans être une experte en tricot, je suis projet après projet, de moins en moins novice, et je dois dire que ces différents points techniques étaient, pour moi, très stimulants. Un devant en dentelle donc, un dos en point mousse et des manches en jersey endroit; quand on tricote Nogat, on ne s’ennuie pas! Chaque rang, ou presque, il se passe quelque chose.

Le patron est très clair et disponible en français. La dentelle est parfaitement détaillée: chaque taille a son diagramme.

Concernant la taille, justement, du fait d’un échantillon très différent de celui recommandé pour le modèle, j’ai choisi de tricoté mon Nogat suivant les instructions du XL pour finalement correspondre à un vêtement fini de taille intermédiaire entre le M et L. Mes petits calculs ne s’y sont pas trompés; la taille finale correspond bien à mes attentes.

 

Pour le fil, je me suis à nouveau tournée vers La Fée Fil. Je vous ai déjà parlé de mon amour pour les couleurs de La Fée Fil (ici et ici), là encore, je suis sous le charme.

Il s’agit du coloris “Paillettes de verre”, en mérino fingering. Toutes ces nuances de bleus, de bleus/verts sur fond gris, les petites touches de jaune très discrètes, me rappellent bien sûr les bords de mer.

Malgré mon alternance des écheveaux, les couleurs ne se répartissent pas de manière homogène; qu’importe, la plage sous une averse, c’est aussi le chaos chromatique!

 

 

 

En résumé

Patron: Nogat – Justyna Lorkowska

Laine: La Fée Fil mérino fingering – coloris “Paillettes de Verre”

Aiguilles: 3,5 mm

Taille: XL pour correspondre à une taille M/L

Réalisation: commencé le 23/02/18, fini le 29/10/18

 

 

Épilogue

 

“L’Artzamendi, la Rhune et le Jaïzkibel subliment le Pays Basque dont la côte plonge dans le bleu vertigineux. Bientôt la digue s’efface et une fenêtre s’ouvre alors sur la grande mer. Un funambule de l’éphémère danse avec une vague pleine de grâce et accoudé au muret, on songe.
Demain, on reviendra.”

 

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