Tricot et mes débuts

Ou se découvrir une nouvelle addiction

 

“Il y a des gens formidables qu’on rencontre au mauvais moment. Et il y a des gens qui sont formidables parce qu’on les rencontre au bon moment”

 

La délicatesse, David Foenkinos

 

 

Entre le tricot et moi, il y a eu plusieurs départs. Plusieurs faux départs surtout. Puis le tricot est entré une nouvelle fois dans ma vie, cette fois, au bon moment.

Je n’ai pas tout de suite vu le potentiel du tricot. Le potentiel créatif, le potentiel apaisant, ne me sont apparus que bien après nos premières rencontres. Mais cette fois-là, le tricot était ce dont j’avais besoin dans ma vie. Et depuis, il fait partie de mon quotidien.

 

Je t’aime, moi non plus

L’histoire entre le tricot et moi remonte à de nombreuses années, à mon enfance en fait. Autant que je m’en souvienne, j’ai toujours vu ma grand-mère et ma maman tricoter. De souvenirs, il y a donc toujours eu de la laine quelque part dans la maison… Et des aiguilles bien sûr. Je pense que c’est donc tout naturellement que j’ai été attirée par le tricot. Mais sans grande passion, juste comme ça, pour essayer. J’ai, à plusieurs reprises il me semble, tenté d’apprendre à tricoter: des rangs de mailles endroit par ci, des rangs de mailles envers par là, sans modèle précis, sans autre objectif que d’apprendre les différents points; pour finalement abandonner en cours de route.

Plus tard, vers l’adolescence me semble-t-il; et pour combler l’ennui, j’ai voulu m’y mettre, pour de bon. J’ai donc choisi, avec ma maman, et avec soin, un modèle de pull dans un magazine Phildar et la laine associée. C’était un patron simple, tout en jersey, que ma maman avait estimé adapté à une débutante. Après quelques échantillons pour apprendre à nouveau à former les mailles, je m’y suis mise, sérieusement. Motivée, j’ai tricoté mon premier dos de pull. Puis, déjà moins enthousiasme, j’ai attaqué une première manche. C’est assez péniblement, et avec beaucoup de temps, que j’ai terminé cette manche. Et c’est sans motivation que j’ai monté les mailles de la seconde manche qui n’est jamais allée plus loin que ce rang de montage. Enfin, la perspective de devoir assembler toutes ces pièces à la fin me semblait l’étape de trop, l’étape insurmontable. Le modèle du pull ne me plaisait plus tant que ça; et la couleur de la laine ne me faisait finalement pas rêver. Bref, impossible de trouver l’envie de continuer…

J’avais aimé pratiquer l’activité en elle-même, avec calme et patience. Et j’avais eu envie, à plusieurs reprises, d’essayer à nouveau; mais je restais peu enthousiasmée par le résultat final que je pensais pouvoir obtenir. Peut-être parce que je ne m’intéressais qu’aux modèles dits “pour débutants”, ou que je ne connaissais pas encore toutes les possibilités, que je ne savais pas vraiment où chercher (et internet n’était pas là pour me guider à ce moment-là), mais j’avais, du tricot, une vision un peu ringarde: selon moi, je ne pouvais espérer obtenir qu’un gros pull informe en laine qui gratte, et aux couleurs improbables…

C’est bien plus tard, à la naissance de ma première nièce (en 2014), que j’ai eu envie de m’y remettre; et c’est la layette, cette fois, qui m’a attirée. Je restais sur la même image démodée du tricot pour femme, mais la layette pourquoi pas. C’est mignon la layette… J’ai pris mon temps, pour choisir un modèle, sélectionner ma laine (modèle et laine Bergère de France, cette fois), pour faire des essais : point endroit, point envers, puis pour m’y mettre. J’ai mis tellement de temps que, une fois le dos fini, la taille initialement choisie était déjà trop petite pour ma nièce qui a vite grandi. Ça m’a découragée, donc abandon. Mais avant de réaliser que la taille n’irait pas, j’ai pris beaucoup de plaisir à me mettre au tricot. Je n’étais donc pas loin d’adhérer au tricot… mais non.

 

Le début d’une rencontre

Puis est venu le bon moment.

Après la soutenance de ma thèse, je suis restée durant une courte période (1 mois), sans travail. Fatiguée après une période intense de travail et riche en émotions, j’ai eu un petit “coup de mou” couture. J’avais de nombreuses envies de projets, mais peu de motivations pour les réaliser. J’avais envie, le temps de cette période, de me poser, vraiment; me mettre à jour dans les différentes séries que je regardais, ou souffler tout simplement.

La couture, qui me demande beaucoup d’application et de concentration, n’était alors pas compatible avec ce qu’il me fallait, avec ce que je souhaitais, à ce moment-là.

J’ai quelques temps erré sur de nombreux blogs, à la recherche du projet couture “coup de cœur” qui allait me relancer, mais rien n’y faisait; aucun projet ne m’a donné envie de sauter le pas. Pire, mon esprit se laissait distraire par tout autre chose…

Malgré mes premières tentatives ratées, le tricot m’appelait. Je voyais des merveilles sur les blogs créatifs qui me faisaient rêver; des laines aux couleurs sublimes, des modèles d’une grande élégance, très éloignés de l’image que j’avais pu avoir des pièces tricotées à la main. Grâce à ces blogs, et à internet en général, je découvrais que le tricot permettait de créer de magnifiques pièces, élégantes et modernes. Et ce fut la grande découverte. Tout un monde s’ouvrait à moi, et tout semblait possible.

A cette période de ma vie, en plein hiver qui plus est, le tricot, la chaleur et la douceur de la laine correspondaient tout à fait à ce dont j’avais besoin: une activité tout en douceur et en réconfort. Et la nouveauté m’attirait et m’enthousiasmait au plus haut point.

C’était donc ça…

Je devais à nouveau faire un pas vers le tricot. Je ne saurai dire pourquoi, parce que c’était le bon moment sans doute, mais je savais que cette fois était la bonne.

 

Compléter la couture

Me mettre au tricot me semblait une décision tout à fait raisonnable. Loin de remplacer la couture dans ma vie, je voyais au contraire toutes les nouvelles possibilités. Le tricot et la couture se compléteraient. Dans les looks “cousu main” que j’imaginais, il manquait toujours le petit truc…

Ce petit truc qui finalise une tenue: le petit gilet qui complète une jolie robe, le gros pull moelleux avec son jean confortable, la douce écharpe avec son manteau…

J’avais bien quelques gilets dans ma garde-robe, mais pas de pull… Fins, en synthétique, pas du tout chauds, encore moins moelleux. Je les porte souvent, toujours les mêmes, parce que je les ai; ça s’arrête là. A vrai dire, je n’en achète jamais. Je n’aime pas ça, en acheter. Pour moi, un gilet ou un pull, c’est un achat utile, pas un achat plaisir. Aucun pull, aucun gilet du commerce ne trouve grâce à mes yeux…

Si cela manque dans ma garde-robe, si je ne souhaite pas en acheter, alors autant le tricoter!

Couture et tricot, le duo parfait!

 

Mes premières pièces

Je me suis donc lancée. C’est le tutoriel: “Débuter en tricot – toutes les clés pour se lancer” du blog de Lise Tailor qui m’a aidée à sauter le pas. Elle y délivre toutes les informations nécessaires pour bien débuter: quel matériel acheter, quel projet, quelle laine choisir. Enfin, son blog regorge, en plus de nombreuses sources d’inspiration, de techniques, d’astuces et de petits trucs à connaitre lorsqu’on débute. LE blog a consulté, donc, si vous souhaitez vous lancer dans l’aventure tricot.

Et c’est également Lise Tailor qui a été mon professeur pour réapprendre les bases du tricot, en méthode continentale, cette fois, grâce à ses vidéos “Tricoter en méthode continentale”.

J’étais sûre de moi, le tricot et moi, cette fois, nous ferions la paire. J’ai donc investi directement: un set d’aiguilles circulaires interchangeables Drops pro romance; autant directement avoir plusieurs tailles d’aiguilles, puis du petit matériel (anneaux marqueurs, ciseaux…) et de belles laines. J’avais donc toutes les clés en main pour réaliser mes premières pièces.

Au final, la toute première pièce que j’ai tricotée (et finie) est un bonnet: le “Dragonflies hat” de Joji Locatelli. Il s’agit d’un bonnet avec un motif de libellule, tricoté en rond. C’est là où, selon moi, réside la principale difficulté pour une débutante; il faut fermer le premier tour puis tricoter les quelques tours suivants, au cours desquels des vrilles peuvent se former. Mis à part ces premiers tours, ce modèle ne m’a posé aucune difficulté particulière. Le patron est très bien fait; les explications sont très claires. Le motif est assez simple à retenir, et est surtout très gratifiant lorsqu’il commence à apparaître. Je n’ai donc pas tricoté 1, ni 2, mais 3 “Dragonflies hat”, coup sur coup: 1 pour moi et 2 que j’ai offerts.

Pour les trois versions que j’ai faites, j’ai choisi la laine Madelinetosh DK, notamment pour ses couleurs; et j’ai craqué pour les coloris: “Dirty Panther”, “Composition book grey” et “Duchess”. Les coloris “Dirty Panther” et “Duchess” sont très sombres et m’ont paru plus compliqués à tricoter: du fait de la couleur, les mailles sont moins faciles à distinguer et je me suis parfois perdue dans mon motif que j’ai patiemment repris.

 

 

En résumé

Bonnet:

Patron: Dragonflies Hat – Joji Locatelli

Laine: “Composition book grey” – Tosh DK – Madelinetosh (51g)

Aiguilles: 4,0 mm

Taille: L

Réalisation: commencé le 14/01/17, fini le 17/01/17

 

 

 

Épilogue

Depuis ces premières pièces, je tricote tous les jours ou presque. Et je ne me vois pas n’avoir aucun projet en cours; et je suis complètement accro à la laine. J’apprends de nouvelles choses tous les jours, je fais des erreurs aussi, je défais, je refais et j’apprends à nouveau, et je crois que c’est surtout ça qui me plait dans le tricot: apprendre. Ma garde-robe “handmade” s’étoffe petit à petit. Mais nous en reparlerons…

Entre temps, mon bonnet “Dragonflies hat” a eu, comme moi, la joie de découvrir la beauté de l’Ecosse.

Mon bonnet “Dragonflies hat” et l’air frais de l’Ecosse

 

J’ai vraiment aimé l’Ecosse, la nature sauvage et préservée, la splendeur des paysages, le calme… Et même si j’ai eu souvent froid, c’est sûr, j’y retournerai. D’ici là, il me faut donc plus de vêtements chauds, et donc plus de tricot…

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1 thought on “Tricot et mes débuts

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